Introduction grammaire

La Grammaire introduction

 Commençons par la définition du dictionnaire :
“La grammaire est l’ensemble des règles qui structurent une langue et permettent de la parler et de l’écrire.”
Pour aller plus loin, la Grammaire est cet outil qui, au seuil de la sphère de nos pensées foisonnantes et souvent informes, traduit et organise nos idées, nos émotions, nos affectes, nos mensonges, parfois tout notre cœur, les élabore et les fait apparaitre au grand jour, à la lumière de l’intelligible.
Vraiment ? Les mots, les verbes, la grammaire clarifient et structurent le brouillard et la confusion de notre esprit ?
Bien sûr !
Faites vous-mêmes l’expérience ! Choisissez un sujet qui vous préoccupe, n’importe lequel, et décrivez le en une page, ou même décrivez le à haute voix. Il vous apparaitra soudain sous un angle bien différent, moins subjectif, plus froidement factuel. Devant cette page, vous devrez admettre que la chose n’est pas si simple, que peut-être vous aviez une part de torts ou que vous vous donniez le beau rôle, ou le mauvais, alors que …
Oui, le langage et ses principes nous structurent, beaucoup plus que nous ne saurions l’imaginer. Ils ne donnent pas seulement de nous une image pour les autres, ils transforment nos rêves en réalités.
On mesure alors mieux l’importance de ces signes (les mots), et de ces codes (la grammaire, la conjugaison et la syntaxe).
La grammaire, comme la vie sociale est un code, et n’est pas propre au seul langage. En effet, il existe une grammaire des couleurs (la colorimétrie), une grammaire des sons (l’acoustique), une grammaire de la musique (le solfège), une grammaire de la  cuisine (la gastronomie), une grammaire des nombres (l’arithmétique et la mathématique), et tellement d’autres … car certains éléments se marient, se combinent, se structurent bien ou mal à partir de règles, pour former un tout cohérent, harmonieux, utile à l’intelligence et donc à la vie.
Alors, ne dites plus que la grammaire, celle du langage qui nous occupe, est un gendarme ennuyeux, stérile, rébarbatif ! La grammaire est, tout au contraire, une part inséparable de nous-mêmes.

Pour en venir à la phrase, première unité structurée du langage, la grammaire est l’ensemble des éléments qui gravitent autour du verbe. Elle est pareille à la danse (la syntaxe) bien chorégraphiée des planètes autour de leur soleil, des atomes autour du noyau. Elle les reproduit à partir d’autres principes, on dirait parfois qu’elle les imite.
Si elle a été codifiée autour du XVIème siècle (l’ouvrage de Port Royal), la grammaire n’a pas d’âge. Comme la conjugaison des verbes, elle est aussi ancienne que l’homme et la femme qui l’ont progressivement aménagée pour en faire un de leurs premiers outils.

Dans le cadre plus pragmatique de l’étude de la langue française, il convient pourtant de se méfier de ce merveilleux outil, car la Grammaire ne doit pas rester un simple exercice intellectuel. L’expérience nous a très souvent montré qu’elle représente, pour l’apprenant qui en resterait à sa théorie, un véritable piège.
Pour s’intégrer activement à la pratique d’une nouvelle langue, comme pour enrichir le parler d’un natif, les éléments théoriques du langage doivent, au fur et à mesure de leur découverte, être très intensivement automatisés. Sans cela, on tombe victime du cerveau plein et de la bouche vide.
Telle est la préoccupation et l’idée maitresse de la Grammaire réflexe : automatiser chaque étape de l’apprentissage, comme de la révision des structures, par des exercices d’automatisations et de prise de parole, seuls outils propre à faire passer l’appris, le compris, dans le parler actif et instinctif, libéré absolument de toute analyse, un réflexe.

Dans un esprit de clarté et de lisibilité, ce vaste manuel numérique vise en priorité à construire, à partir d’explications concises et de très nombreux exemples, les réflexes et les automatismes nécessaires à une pratique fluide de la langue française. Il s’adresse aux apprenants étrangers, aux Français désireux de rafraichir leurs connaissances de la langue, ainsi qu’aux professeurs, à la recherche d’un matériel didactique simple d’emploi, varié, et riche en ressources pédagogiques.
De très nombreux exercices écrits et leurs corrigés et plus encore d’exercices d’automatisations, proposent à la fois des centaines, voire des milliers d’exemples, et une méthode éprouvée, pour pratiquer seul(e) ou en groupe, les structures et surtout les automatiser. Les exercices de prise de parole, à la fois tests des acquis et ouvertures sur la conversation active, viennent compléter la dernière étape du parcours.

Notre but est de montrer la langue française sous tous ses aspects, et de la rendre plus vivante, plus claire, à celles et à ceux qui l’étudient. Il ne s’agit pas ici d’une grammaire classique, mais d’une approche didactique, simple et directe des mécanismes de notre belle langue.

Il se peut que cette approche, s’adressant à des apprenants peu familiers des théories et des terminologies grammaticales, apparaisse comme “un peu” simple ou trop directe” aux défenseurs d’une vision conservatrice de l’enseignement du français. Pourtant, pour développer et encourager la francophonie, non la protéger mais la promouvoir, l’ouvrir plus encore au Monde, nous n’avons d’autre choix que de la rendre accessible au plus grand nombre.
Dans le respect de chacun et surtout des plus érudits francophiles, qui ont été mes constants inspirateurs et mes maitres, je laisserai les petits détails à ces indispensables grands théoriciens qui ne sont pas toujours, et ils le savent, les meilleurs pédagogues.

– L’enfant sourit.

Dans cette phrase simple apparaissent les premiers éléments de la grammaire.
– D’abord l’action : le verbe “sourire”.
– Ensuite la question : qui sourit ? “l’enfant” sujet et acteur de l’action de sourire.
– Et cette petite particule attachée au nom “l’” l’article.
– Enfin un point pour terminer la phrase.

Laissons le verbe que nous avons déjà longuement étudié dans la première partie de la Grammaire réflexe.

Le sujet : comme nous le savons, c’est l’acteur de la forme active.
____88_Dans notre phrase, il est un nom commun (comme fleur, maison, stylo, etc.) “l’enfant”.
_____88Il peut être un pronom et remplacer le nom “il ou elle”.
____88_Il peut aussi être un nom propre (Louise, Bruno ou France).

Le nom/sujet “enfant” est un peu spécial : il peut être féminin ou masculin : un/une enfant.
Mais si je dis “un” ou “une” enfant je ne parle plus de l’enfant, celui ou celle que je connais ou qui m’est familier(e).
Si je dis “un ou une enfant”, je ne le/la connais pas, il/elle est un(e) parmi tous les enfants. “un ou une” sont des articles indéfinis.
En disant “l’enfant”, j’indique qu’il/elle m’est familier(e), que je le/la vois ou le/la connais.  “ l’ ”est un article défini.

Tout ceci pour en arriver au premier chapitre de la grammaire : l’article